Pausanias <Periegeta>
Pausanias, Ou Voyage Historique De La Grèce (Band 2)
Paris, 1731 [Cicognara Nr. 2698-2]
Seite: 134
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134 P A U S AN I A S, L I V R E VIII.

peuples de la domination d'Argos. Au-dessus de Sicyone c'est
l'Açhaïe qui s'étend aussi jusqd'âux rivages de la mer. A l'aii.
tre pointe du Peloponnese vis-à-vis des îles Echinades , ce
sont lesEléens qui confinent aux MelTéniens du côté d'Olym,
pie vers l'embouchure de l'Alphée, & aux Achéens du côté
de Dymes. Or tous ces peuples sont environnez de la mer.
Les Arcadiens seuls sont dans le milieu des terres, & fort
éloignez des côtes ; c'est pourquoi lorsqu'Homére [i] nous
les représente s'embarquans pour le siége de Troye, c'est sinies
vaisïèaux d'Agamemnon, & non sur les leurs propres.

Suivant leur tradition, Pélasgus fut le premier homme qui
parut dans le pays. Selon toute apparence, ils ne veulent pas
dire qu'il s'y soit trouvé seul ; car sur qui auroit-il régné ? Je
crois donc pour [i] moi que Pélasgus étoit un homme ex.
traordinairement avantagé du ciel, qui surpassoit les autres
en grandeur, en for.ce, en bonne mine, & en toutes les qua-
litez de l'esprit & du corps ; ce qui revient assez à l'idée que
le poète Asius nous en donne, quand il dit :

Sur îe sommet d'un roc qui menace les cieux
Pélasgus vint au jour , héros semblable aux dieux.
Les peuples d'alentour , d'une humeur [j] mercenaire ,
En recevant ses loix [4] trouvèrent leur salaire.

Pélasgus ayant donc commencé à régner, apprit aux Arcadiens
à se faire des cabanes qui pussent les défendre de la
pluye, du froid, & du chaud, en un mot de l'inclémence des

[i] Lorsqti'Hontire nous les représente
. Homère dans ïlliade, Iiv. 1, dit
poiîtivenient que les Arcadiens n'a-
voient point de vaisseajx, ni ne con-
noissoiént la marine.

[2] <Je crois donc pour moi que Pélasgus
y &!■ Le scoliaste d'Euripide
dans la tragédie d'Oreste di que Pélasgus
étoit Argien , sils d'Akster, &
petit-sils d'Iasus, qu'il bâtit un ville,
& la nomma Parrhasia; apparemment
que Pausanias ajourait peu de for} ces
faits, puisqu'il n'en parle pas, ou .jj'jt
les contredit.

[3] Nation mercenaire. Au lieu <e
l:nâ, yi'(©-,il faut lire inrâr, nati

mercenariorum >' c'est l'idée que les anciens
auteurs nous donnent de ces Pé-
ialges ou Arcadiens.

[4] Trouvèrent leur salaire. On di-
soit par manière de proverbe, A?Jwta
limerai, Àrcadas hnitari, imiter ttt
Arcadiens, pour dire , vendre sa peint
à autrui. Les Arcadiens, comme les
Suisses aujourd'hui , se Iouoient aax
Princes qui vouloient les lôudoyer;
comme ils étoient loin de la mer, ils
ne pouvoient s'enrichir par le commerce
comme les autres Grecs; de-so
cette néceisité de chercher leur tvbk
siance par d'autres moyens.

L


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